Les pays Baltes, la discrimination institutionnalisée

Alexandre Moustafa pour Stratpol revient sur le deux poids, deux mesures des pays membres de l’Union Européenne sur le thème des discriminations. La situation des russophones installés dans les pays baltes durant la période soviétique, ou même avant, varie grandement d’un État à l’autre. La Lituanie fait figure de « bon élève » des pays baltes : il faut dire que c’est le pays qui dispose de la plus petite minorité russophone (9 %).

Le pays ou la situation des russophones est la moins enviable est la Lettonie, le pays balte où la langue officielle – le letton – est la plus faiblement parlée ; moins de 60 % des résidents en  Lettonie parlent cette langue. On compte en Lettonie plus de 30 % de russophones. Les résidents arrivés en Lettonie après le 17 juin 1940 sont officiellement apatrides, malgré le fait qu’ils aient vécu plus de 50 ans dans ce pays. En 2015, ils sont toujours 260 000 à avoir ce statut, qui n’ouvre pas droit aux allocations familiales, aux allocations chômages ou encore à la gratuité des soins.

La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) a émis des critiques  quant à l’unilinguisme dans les institutions lettonnes, car il rejette les minorités, russophones notamment. Il n’y a quasiment pas de lettons d’origine russe au sein des hautes sphères de l’État ou dans les institutions judiciaires. Le chômage chez les russophones est deux fois plus important que chez les lettons « ethniques ». L’Estonie se rapproche de son voisin letton, mais la situation des russophones est plus souple dans les faits, sauf dans le domaine de l’enseignement. On compte 68% d’estoniens « ethniques » et près de 30% de russophones. Entre 1992 et 2000, environ 115 000 personnes ont obtenu la citoyenneté, aujourd’hui les non-citoyens apatrides, russophones, représentent toujours près de 8,5 % de la population.

En ce début d’année 2015, les russophones de Lettonie ont appris qu’une chaine de Télévision en russe devait voir le jour. Or, il ne s’agit pas d’accorder un « privilège » à la minorité russophone… mais de mettre en avant les « idéaux » de l’Union Européenne, tout en critiquant la Fédération de Russie. Cette télévision de  « contre-propagande » (ou de propagande tout court) devrait être notamment financée par la Commission Européenne, ainsi que par une dizaine d’autres pays  européens parmi les plus hostiles a la Russie, comme les pays baltes, la Pologne ou encore les pays scandinaves. On peut douter a l’avance de l’efficacité de ce bourrage de crane sur des citoyens de seconde zone, discrimines, prives de passeport, qui pourront juger en experts de la beauté des idéaux de l’Union Européenne.

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