Marche agricole russe : pres de 6 milliards d’euros perdus par an pour les agriculteurs des pays de l’UE

AGRI

Un peu plus d’un an après l’entrée en vigueur de l’embargo alimentaire russe les agriculteurs européens tirent la sonnette d’alarme. Si les signaux sont au rouge dans toutes les filières,  c’est l’élevage qui a le plus souffert en 2015 du fait de la chute des cours du lait et des viandes bovine et porcine. A la perte du marché russe, qui représentait 10% des exportations agricoles avant le décret de l’embargo, s’ajoutent le problème des excédents à absorber, la surproduction engendrée par la fin des quotas laitiers et le recul de la demande chinoise. Sans résoudre toutes leurs difficultés, la levée de l’interdiction soulagerait donc les 28 millions d’agriculteurs européens, qui comptent au titre de leurs revendications l’urgence d’entamer des négociations avec la Russie.


Le lundi 7 septembre 2015, un conseil extraordinaire des 28 ministres de l’Agriculture de l’UE se tenait à Bruxelles, pour discuter des solutions à apporter à la crise. Afin de peser sur ses décisions, plusieurs milliers de paysans convergèrent vers la capitale belge, en point d’orgue d’un été fait de mobilisations sur les routes et dans les villes d’Europe. Malgré les attentes des participants, la déception prévalait à l’issue de cette journée. Dans un communiqué de leur secrétaire-général, Pekka Pesonen, le Copa et la Cogeca, principaux syndicats d’agriculteurs européens, déploraient ainsi que le paquet d’aides de 500 millions d’euros annoncé par la Commission européenne était « bien loin du compte pour indemniser les agriculteurs de la perte de leur principal marché à l’exportation, la Russie, qui vaut 5,5 milliards d’euros par an ».

Depuis le commencement, certains hommes politiques, « spécialistes » et journalistes auront tenté de (se) convaincre que l’embargo russe se répercuterait essentiellement sur les consommateurs russes, tandis que le secteur paysan européen ne resterait que faiblement impacté (ici, là ou encore là). Ne résistant pas à l’épreuve de la réalité ce discours s’est aujourd’hui tari et il apparaît clairement que les professionnels agricoles européens sont les premiers touchés, victimes collatérales d’une diplomatie européenne dont il est à espérer qu’elle daignera à l’avenir leur donner voix au chapitre.

R. B.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s